Les galeries touristiques et l’art décoratif
- Arson

- il y a 3 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Dans de nombreuses villes touristiques, les galeries d'art touristiques occupent aujourd’hui une place importante dans les centres historiques. Les vitrines présentent des sculptures colorées, des peintures abstraites ou des œuvres qualifiées d’« art contemporain » ou « pop », destinées à séduire un public international de passage crédule.
Dans certaines galeries touristiques, ces œuvres sont souvent présentées comme du « pop art ».
Dans ce contexte, certaines galeries proposent des œuvres conçues avant tout pour le marché touristique de l’art décoratif, où l’objet artistique, fabriqué en Asie, doit être immédiatement lisible et facilement transportable.
Ce phénomène interroge la frontière entre création artistique et produit décoratif dans le marché de l’art contemporain.

Derrière cette profusion d’œuvres bariolées, se cache souvent une réalité différente : celle d’un marché où l’art devient un produit plus industriel que culturel, destiné avant tout au tourisme.
Ces pratiques s’inscrivent dans certaines logiques du marché de l’art contemporain.
Quand l’art devient souvenir et les galeries touristiques
Dans de nombreuses villes très touristiques, on observe depuis plusieurs années un phénomène particulier : l’apparition de galeries d’art destinées avant tout au tourisme culturel.
Installées dans des centres historiques très fréquentés, ces galeries proposent souvent des œuvres immédiatement décoratives — peintures abstraites colorées, sculptures « pop », objets artistiques faciles à identifier — conçues pour séduire rapidement un public de passage.
Dans ce contexte, l’œuvre doit être immédiatement lisible et immédiatement séduisante.

L’art comme produit touristique
Des villes comme Saint-Paul-de-Vence, Honfleur, Venice ou Barcelona illustrent particulièrement ce phénomène avec des "galeristes" réputés à résonnance internationale, qui font fabriquer en Asie des objets à vil prix et les revendent au prix fort non sans leur avoir attribué un nom d'artiste inventé qui claque bien à cette "œuvre".
Leur fréquentation touristique attire naturellement des galeries d'art proposant des œuvres destinées à un public international de passage. A Honfleur par exemple vous trouverez cinq (5) galeries appartenant à la même famille, également présente à Saint Paul de Vence, Cannes et éparpillée un peu partout dans le monde. Phénomène "d'autorité", ça "passe crème".
Dans ce contexte, l’œuvre devient parfois un objet culturel touristique comparable à un souvenir artistique.

Le visiteur pense acheter une œuvre d’artiste, une véritable sculpture contemporaine, mais il acquiert souvent simplement un objet décoratif conçu de façon industrielle pour répondre au marché touristique de l’art, sous un nom d'artiste complètement créé de toutes pièces.
Une autre face du marché de l’art contemporain
Ce phénomène s’inscrit dans une évolution plus large du marché de l’art contemporain où production industrielle, marketing artistique et tourisme culturel peuvent se croiser.
Certains artistes choisissent de rester en dehors de ces circuits commerciaux et développent leur travail directement depuis leur atelier, comme le sculpteur contemporain français Arson.
Ces questions sont également abordées dans cet article consacré aux dérives possibles du marché de l’art contemporain :
Arson



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