L'Esculmau, sculpture contemporaine d'Arson : ni corps, ni femme, ni glace
- Arson

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Depuis plus de dix ans, cette sculpture contemporaine intrigue autant qu'elle fascine. Certains y voient une glace italienne, d'autres un corps féminin ou une simple provocation. Pourtant, l'Esculmau n'est rien de tout cela. Son histoire est ailleurs. Elle commence bien avant le premier regard du visiteur.

L'Esculmau, sculpture contemporaine pose question à chaque exposition
Chaque exposition commence presque toujours de la même manière.
Quelqu'un s'approche.
Il ralentit.
Il sourit.
Puis il finit par poser la même question.
« Mais… qu'est-ce que c'est exactement ? »
Une femme ?
Une glace italienne ?
Une provocation ?
Je réponds généralement :
« Aucun des trois. »
Car l'Esculmau n'est pas un objet que l'on reconnaît.
C'est une œuvre que l'on découvre.
Et chaque regard la réinvente.

La naissance d'une idée sculpturale
Lorsque j'ai imaginé cette sculpture, je ne voulais ni représenter un corps, ni caricaturer la sensualité, ni créer un simple objet Pop Art.
Je cherchais une forme.
Une forme suffisamment simple pour être immédiatement lisible.
Mais suffisamment ambiguë pour ne jamais livrer entièrement son secret.
Une forme qui évoque le désir sans jamais le montrer.
Une forme qui parle de gourmandise sans appartenir au monde de la consommation.
Une forme qui fasse sourire avant d'inviter à réfléchir.
À cette époque, j'avais résumé cette intention en quelques lignes qui, aujourd'hui encore, me semblent définir l'esprit de l'Esculmau.
« L'Esculmau, ou la passion de l'art amoureux, est comme une offrande sur l'autel de la consommation voluptueuse et décadente d'un monde outrageant. Passerelle allégorique entre l'amour galant et l'art gourmand, l'Esculmau n'est pas un corps, ni une femme, ni une glace. C'est une "carte du tendre", doublement délicieuse, doublement provocante, suggérant des plaisirs terrestres et raffinés en même temps qu'une invitation à l'élévation vers le plus haut, comme une mythologie de l'amour. »
Avec le temps, je me suis aperçu que cette sculpture racontait finalement moins mon histoire que celle de ceux qui la regardaient.
Ce que l'Esculmau m'a appris
Je croyais connaître cette sculpture.
En réalité, ce sont les visiteurs qui me l'ont fait découvrir.
Les enfants s'approchent sans hésiter.
Ils ne cherchent pas une explication.
Ils jouent avec leur imagination.
Ils sourient.
Ils rient.
Ils voient parfois une immense glace, parfois un bonbon, parfois un personnage imaginaire.
Les adultes, eux, prennent davantage de temps.
Ils tournent autour de l'œuvre.
Ils cherchent une référence.
Ils discutent.
Ils analysent.
Comme s'ils avaient besoin de comprendre avant d'accepter ce qu'ils ressentent.
Cette différence de regard m'a toujours fasciné.
Les enfants accueillent la sculpture.
Les adultes essaient d'abord de la définir.
Et pourtant, aucun des deux n'a tort.

Le jour où l'Esculmau est devenu une véritable glace
Il existe une soirée que je n'oublierai jamais.
À l'occasion d'une exposition organisée dans un hôtel, une idée aussi audacieuse qu'inattendue est née.
Le chef pâtissier décida de transformer l'Esculmau… en véritable glace.
Pas une glace vaguement inspirée de la sculpture.
Une glace qui reprenait fidèlement sa silhouette.
Près de deux cents invités étaient présents.
Lorsque les premiers plateaux sont apparus, un silence de surprise a parcouru la salle.
Puis les sourires sont venus.
Les enfants ont immédiatement reconnu la sculpture.
Les adultes, eux aussi, se sont laissés entraîner par le jeu.
Pendant quelques heures, l'Esculmau a quitté son socle.
Il est devenu une gourmandise.
Une expérience.
Un sujet de conversation.
Un souvenir partagé.
À cet instant, j'ai compris que cette sculpture avait franchi une étape que je n'avais jamais imaginée.
Elle n'était plus seulement regardée.
Elle était vécue.

Une sculpture qui appartient désormais à ceux qui la regardent
Je pourrais expliquer l'Esculmau comme sculpture contemporaine.
Parler de désir.
De gourmandise.
De consommation.
De critique sociale.
Toutes ces lectures existent.
Aucune n'est fausse.
Mais aucune ne suffit à résumer cette sculpture.
Je préfère penser qu'une œuvre d'art ne livre jamais une vérité.
Elle ouvre une conversation.
L'Esculmau n'impose rien.
Il propose.
À chacun d'inventer son propre chemin.
Peut-être est-ce cela qui explique qu'après toutes ces années, il continue à provoquer autant de sourires, d'interrogations et de discussions.
Et c'est sans doute la plus belle récompense qu'un artiste puisse recevoir.
Découvrir les Esculmaux
L'Esculmau existe aujourd'hui en plusieurs dimensions, de la sculpture de collection au modèle monumental destiné aux grands espaces.
Chaque version conserve la même intention : inviter le regard à dépasser les apparences.



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