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De la Liberté éclairant le monde à l’Inliberté veillant sur le monde

Photo du rédacteur:  Arson
Arson
3 sept.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

À l'occasion de l'exposition consacrée à Auguste Bartholdi, créateur de la Statue de la Liberté, le musée d'Orsay remet au premier plan l'un des symboles les plus célèbres de la sculpture : La Liberté éclairant le monde.

C'est en écho à cette actualité que j'ai choisi, dans le cadre d'un concours consacré à la liberté, de revisiter à mon tour la Statue de la Liberté à travers une sculpture contemporaine : "La statue de l'InLiberté".


Auguste Bartholdi et des ouvriers dans l’atelier parisien lors de la construction de la Statue de la Liberté
La Statue de la Liberté en construction dans l’atelier parisien de Bartholdi, avant son départ pour New York.

La Statue de la Liberté de Bartholdi et la promesse de 1886

Le 15 septembre 2026, le musée d’Orsay ouvre ses portes à une exposition événement : Auguste Bartholdi, La Liberté éclairant le monde. Jusqu’au 31 janvier 2027, Paris redécouvre l’homme derrière l’une des sculptures les plus célèbres au monde.

En 1886, Bartholdi donne au monde une figure monumentale de la liberté.

Une femme debout, une torche à la main, éclairant l’horizon.

Un symbole.

Une promesse.

La liberté devait éclairer le monde.


Statue de la Liberté à New York devant les gratte-ciel de Manhattan
La Statue de la Liberté veillant sur New York et Manhattan.

L’InLiberté veillant sur le monde

Près d’un siècle et demi plus tard, j’en ai imaginé l’envers.

J’ai sculpté une statue de la Liberté qui s’effondre. Un mètre soixante de hauteur, la torche qui vacille, la posture qui cède.

Je l’ai appelée :

« La statue de l’InLiberté »

Dans sa main gauche, elle tient un livre :

"De la Liberté" (correctif)

À ses pieds, une pierre gravée porte ces mots :

La Liberté confisquée

Et sous la pierre, deux flèches pointent en sens opposés :

← Interdit Obligatoire →

Un choix absurde, offert à qui voudra bien s’arrêter pour le lire.

Même ambition symbolique. Même volonté de faire d’une sculpture un signe adressé au monde.

Mais le sens s’est inversé.

La lumière n’éclaire plus.

Elle surveille, interdit, contrôle, réprime.


Sculpture contemporaine "L'InLiberté", sculpture d’Arson exposée dans une salle de musée néoclassique.
La statue de "l’InLiberté", veillant sur le monde

La liberté ne meurt jamais d’un seul coup

La liberté ne meurt jamais d’un seul coup.

Elle se vide lentement de son sens.

On ne brûle plus nécessairement les livres.

On peut simplement en réécrire le sens.

On ne nous interdit plus toujours de penser.

On peut penser à notre place.

On ne nous impose pas forcément la servitude.

On peut nous convaincre de la choisir.

Les prophéties d’Orwell ou de Huxley ne deviennent pas inquiétantes parce qu’elles se réaliseraient à l’identique.

Elles le deviennent lorsque nous acceptons progressivement ce qui, hier encore, nous aurait semblé inacceptable.

Le mensonge prépare la servitude.

Le consentement l’achève.

Alors la liberté s’effondre.

Et tout devient…

Obligatoire.

Ou

Interdit.

Les symboles tombent lorsque les hommes cessent de les porter.

La Liberté éclairait le monde.

L’InLiberté, elle, "veille" sur lui. *


Statue de la L'inberté sculpture contemporaine d'Arson, sculpteur français contemporain.
L'inLiberté se meurt devant nous, acceptant nos servitudes.

Concours de sculpture à Sainte-Cécile-les-Vignes, en hommage à Marcel Courbier

C’est à Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le Vaucluse, que cette sculpture prendra la parole pour la première fois.

La commune organise un concours sur le thème de la liberté, à l’occasion du cinquantenaire de la mort du sculpteur Marcel Courbier (1900-1976).

Le choix du lieu n’est pas anodin : c’est ici qu’en 1920, encore jeune homme, Courbier réalisa l’une de ses premières œuvres majeures, un bas-relief destiné au monument aux morts de la commune.

Un siècle plus tard, une autre sculpture viendra à son tour interroger ce que nous faisons de nos symboles.

Le cadre sera volontairement modeste : un concours local, en petit comité, loin des ors du musée d’Orsay.


Mais la question, elle, ne l’est pas.

Que reste-t-il de la liberté, et à qui revient-il de la garder ?


Dépôt des œuvres : 18 septembre 2026

Remise des prix : 20 septembre 2026


La statue de l’InLiberté veillant sur le monde y sera présentée pour la première fois.

Et peut-être faudra-t-il alors regarder autrement celle qui, autrefois, était censée éclairer le monde.


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*De "veille" à "surveille" il n'y a qu'un petit pas.

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