L'Artiste

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GORDES  ARSON
ARSON GORDES

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Descendant d’une illustre famille Niçoise, Arson est un talent brut. 

 

Né à Paris en 1953, où il passe sa petite enfance auprès d'une grand-mère maternelle entourée d’artistes, amie de Poliakoff, Prat, André Lhote, il suit ses parents à Gordes, face au Luberon, où, comme un signe du destin, il retrouve leur trace, à l’époque où Gordes était une source d’inspiration pure, qui nourrit Chagall, Vazarely, Pol Mara et tant d’autres qui y vécurent.


Arson entre aux beaux arts à 16 ans. D’abord intéressé par la peinture, il s’oriente vers l’architecture qu’il abandonne finalement. Personnage rebelle, Arson se remet à la peinture, puis travaille la terre, apprend la poterie, le modelage, la sculpture et le moulage, qu’il reprendra quelques années plus tard. Après s’être occupé d’artistes et une vie d'entrepreneur, il revient à ses premières amours et affiche une tonalité personnelle affirmée et originale, pour ce qu’il admire le plus, ce que lui inspire la femme et ses mystères. Il utilise ses supports comme des toiles, à la façon d’un Shaka. Pour Arson, tout est bon pourvu qu’il entre dans la matière !


On pourra trouver chez Arson, un goût fétichique pour la femme, mais aussi et surtout, la quête de celle-ci, à travers une recherche plus secrète. La femme étant pour Arson, le chemin vers l’absolu. La série ‘’les culs d’Arson’’ indique si l'en était besoin, que l’objet de la quête de l'artiste, son graal, est bien la femme, mais il nous invite à regarder au-delà, vers ses réalisations uniques, qui sont autant d'histoires, autant de rêves.


Aujourd'hui, toujours à Gordes, Arson se remet à la peinture et développe sa puissance dans des œuvres hors normes, à sa dimension, excessives et provocatrices. Il puise son inspiration dans le destin et la condition féminine. En suggérant, en provoquant la réflexion de chacun sur le sort de la femme, il rêve de la ''dévoiler'' à une époque où, on parle du contraire. 


Refusant le passéisme, il propose de provoquer une respiration différente et une réflexion personnelle salutaire, sur la femme et les tabous qui l'enferme. Résolument moderne et provocateur, Arson est un créateur subversif qui s'émancipe des règles et des critiques. Son crédo est ''soyons nous même et libres !''.


La force d'Arson, sa sensibilité, ne peuvent que toucher votre regard qui pourra admettre, que décidément, cet artiste, qui reprit à son compte la devise familiale '' Tam fortis quam ardens" (Aussi fort qu’ardent), est un idéaliste d’un autre temps, rare et attachant. R.G.

 

ENTRE DIEU ET SATAN

Les Fesses Fantasmes de l’Humanité

« La puissance du diable réside dans les reins »  Saint Jérome


En Grèce

Les fesses sont apparues lorsque les hommes eurent l’idée de se dresser sur leurs pattes de derrière et d’y rester.

On ne parle pas assez des fesses, s’écrie l’écrivain André Rollin. On les humilie. Et pour finir on les oublie.  C’est une partie de notre anatomie « qui n’a aucune disposition à être mise en avant !!».

Et pourtant, les fesses datent de la plus haute antiquité. C’est en Grèce que la fesse parvint  à son plus haut niveau de perfection. « La fesse (antique) est cependant mâle avant d’être féminine, travaillée par le soleil ». C’est tout le paradoxe de la virilité grecque : « à l’image de la fesse, elle est musclée, endurcie, compacte et en même temps terriblement sentimentale ».

Cela ne veut pas dire que la femme n’existait pas pour les Grecs, qu’ils n’y voyaient aucune beauté ou qu’elle ne prenait aucune part à leur vie. « Mais, c’est un fait, quand ils ont commencé à la regarder de près, ils se sont tout de suite concentrés sur son développement fessier ». Vive les Vénus de l’époque hellénistique !

Considérant donc que les fesses pouvaient être belles indifféremment chez les hommes comme chez les femmes, qu’elles constituaient même la part la plus ambigüe de l’individu, les Grecs imaginèrent une créature qui, réunissant les deux sexes, consacrerait ainsi le triomphe de la fesse. « Ce fut l’Hermaphrodite ».


Libertines et libertins

L’apparition du motif de la femme vue de dos, dans la peinture et la sculpture du 17ème et 18ème siècle, est probablement du au prestige de l’hermaphrodite.

« On pourrait prétendre que le corps féminin est plus satisfaisant vu de dos que de face, » écrit l’historien Kenneth Clark. Car les fesses, plus revigorantes et aussi plus troubles, invitent surtout à des plaisirs inédits. En ce siècle, on se lança dans l’observation de ce que l’abbé et écrivain Pierre de  Brantôme,  appelait « la Charnure ». Une « charnure si blanche et si jolie qu’on pense voir les beautés du paradis ».

Boucher et Fragonard nous permirent d’admirer toute une série de « nymphes à la crème fouettée, de naïades ensorcelantes qui s’ébattent dans les vagues avec un abandon nouveau, se pâment et gigotent, les bras au ciel, les yeux ronds et la peau luisante comme du beurre ».

Ce sont les libertins du 18ème siècle, et Sade en particulier, qui permirent au « Cul » - sodomie – « pour la première  fois en France, de sortir de siècles de clandestinité », et de devenir un argument philosophique.

Il n’y a pas de strip-tease chez les libertins : « le cul y est immédiatement livré ». Bref, voit-on un cul, on s’enflamme. Chez les libertins, « il y a toujours un moment d’extase devant ces superbes chairs et toujours un compliment quand on trousse un derrière ». Mais enfin le libertin sait donner du prix à ce qu’il aime. Il a toujours le « cul exclamatif » !

 

Pin Up et surréalistes

Les nombreuse images – daguerréotype – réalisées dans les années 1870 composèrent l’album des premières pin-up. Les modèles disponibles étaient en général des prostituées, « les mêmes qui servaient à Ingres, Courbet ou Degas, créatures inabordables, un peu volage, mais à la grâce aérienne ».

Ces créatures s’épanouissaient ainsi « nonchalamment, un petit sourire au coin des lèvres, le fessier en éventail ».

Un siècle plus tard, des années 50 à 70, ce fut la grande mode du « girlie magazine ». L’esthétique de ces revues, c’était le sein et bien sûr la croupe. Avec la levée des interdits moraux et de la censure, on réinventa la femme dans son intégralité.

A l’inverse de Marylin Monroe, la carrière cinématographique de Brigitte Bardot peut être envisagée comme un strip-tease à épisodes, « au demeurant très complet ». C’est bien sûr la fesse qui apparut en premier, dans «  Lumière d’en Face », jusqu’à la fameuse scène du lit au début du « Mépris » de Jean-Luc Godard, où Camille demande « avec entêtement » si on trouve jolies ses fesses…. « Tu les aimes mes fesses, dis tu les aimes mes fesses… »

De toute façon, la fesse de Bardot, connue du monde entier, « fesse insolente, boudeuse, tourna la tête de tous les jeunes gens de l’époque, pour qui elle représentait un sommet de la création ».

D’après « Brèves Histoires des Fesses » de Jean-Luc Hennig (Zuma 2009)


Du côté de chez Arson….

Digne héritier des ses prédécesseurs, Arson est un talent brut. C’est aussi un poète, un peu anarchiste, amoureux de la Femme, de ses formes, de sa féminité, de sa créativité. « Ton style, c’est ton cul », dira plus lyriquement Léo Ferré. Une quête de la femme « à travers une recherche plus secrète ».

La série les « Culs d’Arson » à laquelle nous sommes conviés, « indique bien que l’objet de la quête de l’artiste est bien la femme, provoquant la réflexion de chacun sur son sort… il puise son inspiration dans le destin des femmes, leur condition».

Réflexion personnelle de l’artiste qui nous invite, dans ses œuvres hors normes, à sa mesure, excessives et provocatrices, à l’instar des ses amis les surréalistes, à réfléchir sur la femme et les tabous qui l’enferment.

Art brut, art décoratif, les sculptures d’Arson évoluent au gré de la matière qu’il modèle avec passion et du regard très personnel qu’il porte sur notre monde post moderne en plein chambardement.

La forme permet souvent au fond de faire surface. C’est tout particulièrement vrai dans  les créations d’Arson.

Jean-François Gaulis